Les conclusions du vérificateur général de l’Ontario renforcent la nécessité d’une politique provinciale d’intervention en lecture

Plus tôt cette semaine, le Bureau du vérificateur général de l’Ontario a publié un nouveau rapport intitulé, « Besoins en éducation de l’enfance en difficulté : Audit du rendement » qui a mis en évidence d’importantes lacunes et incohérences à l’échelle de la province.

L’un des principaux sujets de préoccupation concernait la qualité des plans d’intervention individualisés (PII), dont plusieurs se sont révélés trop génériques et dépourvus de renseignements précis sur les besoins et les objectifs actuels des élèves. Le vérificateur général a constaté qu’au moins 90 % des objectifs d’apprentissage annuels examinés « ne comportaient pas de critères mesurables, ce qui limitait la possibilité d’évaluer les progrès des élèves ».

Pour les élèves dyslexiques ou présentant d’autres difficultés de lecture, il est essentiel de se fixer des objectifs précis et mesurables. L’intervention en lecture doit cibler des compétences clairement définies, identifiées grâce aux données de dépistage et d’évaluation diagnostique, avec des objectifs mesurables conçus pour aider les élèves à combler leurs lacunes et à atteindre le niveau attendu. Durant l’intervention, les progrès doivent être régulièrement suivis à l’aide d’outils de mesure valides et fiables afin de s’assurer que l’élève est en bonne voie d’atteindre l’objectif, permettant ainsi d’apporter rapidement les ajustements nécessaires avant que du temps précieux ne soit perdu.

Les conclusions du vérificateur général indiquent qu’en Ontario, dans au moins 90 % des cas, les élèves ne disposent pas d’objectifs d’intervention mesurables. Sans ces objectifs et sans données fiables permettant de vérifier si les élèves les atteignent, il est impossible d’évaluer l’efficacité des interventions. Cette situation est préjudiciable aux élèves, qui peuvent passer des mois, voire des années, à participer à des interventions inefficaces, et aux conseils scolaires, qui n’ont pas les renseignements nécessaires pour s’assurer que les fonds sont investis judicieusement.

Dyslexie Canada milite depuis longtemps pour que la province se dote d’une politique d’intervention en lecture qui établisse des processus uniformes pour déterminer quels élèves bénéficient d’une intervention, fixer des objectifs mesurables axés sur les compétences, adapter les interventions aux besoins des élèves, suivre les progrès et communiquer clairement avec les parents. Il s’agissait là de recommandations clés de la L’enquête de la Commission ontarienne des droits de la personne sur le droit à la lecture, qui n’a pas encore été mise en œuvre.

Nous exhortons vivement le ministre à élaborer une politique provinciale d’intervention en matière de lecture qui comprenne les recommandations consolidées suivantes issues de l’enquête sur le droit de lire :

Obligation d’utiliser des données pour planifier et suivre les interventions : Le ministère doit exiger des conseils scolaires qu’ils utilisent des données valides et fiables pour effectuer les tâches suivantes :

  • Identifier les élèves ayant besoin de soutien : les décisions d’intervention doivent être fondées sur des critères objectifs liés aux données d’évaluation.
  • Déterminer la ou les compétences spécifiques pour lesquelles l’élève a besoin d’aide : Les interventions doivent être choisies de manière stratégique afin de répondre aux besoins de l’élève. La politique provinciale devrait établir un processus clair pour identifier les compétences cibles à partir des données de dépistage et sélectionner les programmes ou stratégies dont l’efficacité pour améliorer ces compétences est solidement démontrée. L’approche uniforme observée dans de nombreux conseils scolaires n’est pas efficace.
  • Fixez des objectifs d’intervention ambitieux : Trop souvent, les objectifs d’intervention sont vagues ou si peu ambitieux que, s’ils étaient atteints, ils creuseraient l’écart entre la note de l’élève et les seuils de réussite de son niveau scolaire. Le ministère devrait exiger des enseignants qu’ils fixent des objectifs clairs et mesurables pour les résultats obtenus aux outils de dépistage approuvés par la province, objectifs qui, s’ils étaient atteints, permettraient à l’élève de réduire l’écart ou d’atteindre les seuils de réussite de son niveau scolaire.
  • Suivre les progrès des élèves vers l’objectif :Durant l’intervention, les élèves devraient faire l’objet d’évaluations régulières de suivi des progrès afin de s’assurer qu’ils sont en voie d’atteindre l’objectif. Les outils de dépistage sélectionnés par la province comprennent des questionnaires standardisés de suivi des progrès rapides (une minute) conçus à cette fin; toutefois, très peu de conseils scolaires les utilisent actuellement. Les objectifs de l’intervention et les mises à jour du suivi des progrès devraient être communiqués aux familles afin de garantir la transparence et la responsabilisation.

Suivi de la mise en œuvre et de l’impact des interventions au moyen d’une collecte de données provinciale normalisée : Le ministère devrait exiger des conseils scolaires qu’ils surveillent en interne la mise en œuvre des interventions et les progrès des élèves et qu’ils communiquent à la province les renseignements suivants pour chaque élève bénéficiant d’une intervention en lecture :

  • Scores de référence : scores des élèves à des évaluations valides et fiables avant l’intervention.
  • Détails de l’intervention fournie : Y compris la ou les compétences ciblées, le nom du programme ou de la stratégie d’intervention, le nombre de séances effectuées par l’élève, le nombre approximatif de minutes d’enseignement par séance, le contexte (en classe ou soutien à distance) et la taille du groupe.
  • Résultats: Résultats des élèves à des évaluations valides et fiables après l’intervention. La comparaison de ces résultats avec les résultats antérieurs à l’intervention permettra aux parents et aux personnels enseignants de déterminer si celle-ci a été efficace pour l’élève.

Utiliser les données pour évaluer l’efficacité du programme et orienter l’amélioration du système: Les conseils scolaires et le ministère devraient analyser régulièrement les données recueillies avant et après les interventions afin d’évaluer quels programmes et approches produisent des progrès mesurables pour les élèves. Ces renseignements sont essentiels pour orienter l’amélioration du système, renforcer la responsabilisation et veiller à ce que les ressources soient consacrées aux interventions ayant le plus grand impact.

Les préoccupations soulevées par le vérificateur général démontrent clairement que l’approche actuelle de l’Ontario en matière d’intervention et de responsabilisation en éducation spécialisée ne répond pas aux besoins de nombreux élèves. Pour les élèves dyslexiques et ceux qui éprouvent d’autres difficultés de lecture, la province a réalisé d’importants progrès depuis l’enquête sur le droit de lire grâce à des modifications apportées au curriculum de langue et à la mise en œuvre d’un dépistage universel précoce de la lecture. Il est maintenant temps d’élaborer une politique provinciale claire d’intervention en lecture afin de garantir que les données de dépistage soient utilisées efficacement pour aider tous les élèves à acquérir les compétences fondamentales en littératie qui sont au cœur du nouveau curriculum.

Pour les éducateurs et les familles souhaitant améliorer la qualité des objectifs des plans d’intervention individualisés (PII) scolaires, nous recommandons fortement la lecture de « Stratégies pour la mise en place d’objectifs de PII scolaires de haute qualité », qui fournit des conseils pratiques sur la rédaction d’objectifs spécifiques, mesurables et significatifs favorisant la réussite des élèves.